En finir avec l'Éducation Nationale

Auteur : Vincent Malkav#0000 , Le : 17/04/2020 01:47:56 , 1733 vue(s)

           L’Éducation Nationale s'est toujours gaussée d'avoir pour charge l'élévation intellectuelle des jeunes gens qui passaient par ses institutions. Rétrospectivement pourtant les résultats sont bien moins glorieux qu'il n'y paraît : Niveau scolaire à la baisse dans tous les domaines, engorgement des filières supérieures avec des taux d'échecs records... Avec la Restauration, ce sera l'une des tâches du Royaume que d'ordonner un système plus opérant que l'actuel.

                             Drapeau

 

1.) Assez d'Éducation, nous voulons l'Instruction :

 

           Une grande décision salvatrice serait de renommer le « Ministère de l'Éducation Nationale » en « Ministère de l'Instruction Publique » ; la raison de ce changement ne serait pas seulement sémantique, mais aussi organisationnelle. L’École est un cul-de-sac où l'apport de connaissances est devenu superfétatoire, les élèves y sont simplement préparés à passer le diplôme final : le Baccalauréat. Ils y sont préparés à répéter des automatismes le jour de l'examen, mais qu'en est-il des savoirs et des connaissances ?


           C'est une fois sorti du milieu scolaire républicain que, par le travail et l'écoute dans une discipline, la véritable connaissance s’apprend. Elle s’apprend car son besoin et sa valeur s'en font ressentir. N'est-ce pas anormal que cette nécessité d'apprendre ne soit pas sollicitée lors des années passées au sein des institutions de l'Éducation Nationale ?


           Le rôle de l'Éducation Nationale n'est pas d'instruire les élèves, c'est bien entendu l'un de ses souhaits car toujours rêveuse d'un sursaut d'intérêt unilatéral de la part de l'élève pour les matières qui lui sont enseignées. Or ce n'est plus son rôle, c'est sa «  Mission » ; un terme chatoyant et héroïque, cachant en vérité son échec.

           La République n'a pas besoin de gens instruits, elle a besoin de gens éduqués.


           Le Ministère de l'Instruction Publique serait un premier pas vers cette transparence à laquelle – à titre personnel – j'aspire. Contrairement à une République centralisée, le Roi règne et n'a à se soucier que du bien du pays et de la pérennité de son ouvrage. Inutile donc de former, pour ne pas dire formater, les jeunesses futures en de parfaits royalistes, zélotes et arrogants ; ce dont la République a besoin, nota bene.Il serait alors possible d'aborder l'histoire de France sous tous ces angles, sans se soucier d'avoir à légitimer le pouvoir en place. Le roi, s'acquittant de ses devoirs envers la Nation, est d'ors et déjà légitime, puisque méritant.

           Prenons gare ! Ce n'est pas le rôle de l'Instruction Publique d'éduquer ses débiteurs. Résumons ma pensée ainsi :

                                 “Éducation familiale, Instruction nationale.”

 

 

2.) « L'ambition de la statistique », le cauchemar rectoral :

 

           En France, les statistiques des résultats par filières sont publiques et visibles de tous. A première vue cela semble bénin, pourtant ces publications ont un effet pervers dans les institutions : « L'ambition de la statistique ». J'emprunte ici l'expression à Alexandre, du Cercle Richelieu.


           Ces statistiques sont vues comme des gages de qualité de l'enseignement, consciemment ou non, alors que factuellement il ne s'agit des taux de réussite par filière. Le risque est donc de voir certains établissements être peu considérés par les parents et d'obtenir une dysmorphie numérique d'effectif entre lesdits établissements. Les budgets étant calqués sur le nombre d'effectifs de chaque établissement, de simples statistiques amènent à aboutir sur une inégalité budgétaire. Pour pallier cela les proviseurs et les recteurs d'académies essayent d'avoir les meilleurs scores possibles, en abaissant le niveau attendu pour chaque filière.


           Entendons-nous, il ne s'agit pas d'interdire les statistiques. Elles sont très importantes car elles peuvent être révélatrices de problèmes internes comme externes au système d'instruction. Mais publier les résultats oblige les directeurs académiques, par la pression sociale, à abaisser le niveau scolaire, et donc la qualité de l'enseignement. Elles ne seront consultables que par les membres du Ministère, en vue d'observer et d'identifier des problématiques présentes ou à venir.

 

3.) La saturation des filières supérieures :

 

           Ce nivellement par le bas entraîne un grand nombre de passation de diplômes permettant l'accès aux études supérieures. C'est donc une horde de jeunes étudiants qui débarquent en faculté et autres écoles de commerces, le souci étant qu'ils n'ont pas le niveau ni la rigueur pour progresser. C'est pour cette raison que l'enseignement supérieur est à son tour attaqué et que certains souhaiteraient le voir abaisser ses critères de passation.


           Or ce serait l'une des pires choses possibles : Nous avons d'ors et déjà une saturation du marché du travail par des gens possédant des diplômes élevés, alors que le nombre de postes à pourvoir est bien inférieur au nombre de diplômés. C'est ainsi que l'on se retrouve avec un ruissellement de niveaux différés vers le bas, ce qui joue en défaveur des personnes de petites conditions, les postes leur correspondant étant déjà pourvus. Une solution-rustine (pardonnez-moi l'expression) a été de décider de payer les employés au poste et non au diplôme  ; mais cette démarche n'est pas appliquée dans tous les domaines, autre part on est réticent à engager des personnes sur-diplômées, car sur-coûteuses.


           Il en va de même pour les bourses d'études, gage de confiance envers l'étudiant, afin que celui-ci ne souffre pas d’affres financières. Un contrat tacite entre lui et l'État, pour qu'il puisse achever ses études et occuper le poste à la hauteur de celles-ci. Un trop grand nombre d'étudiants éligibles aux bourses entraîne une division de la somme totale, les bourses ne seraient plus suffisante mais conservées malgré tout, comme palliatif à un choix idéologique bien plus laid. A noter que beaucoup d'étudiants échoueront lors de la première année, tout simplement car ils n'auront pas le niveau attendu. Notons que cette situation est déjà observable.


           Il faut donc intervenir rapidement, sur tous les plans des institutions d'enseignements et à tous les niveaux, afin de répartir et d'orienter au mieux les élèves vers les différents secteurs. En gardant le barème de notation peu ou prou tel qu'il est, mais en rehaussant le niveau, les élèves pourraient alors accéder à certaines écoles en fonction de leurs résultats. Il en va de même pour les établissements du secondaire ; le collège serait un socle commun entre tous, mais les résultats parleraient d'eux mêmes pour permettre aux élèves d'atteindre certains établissements ou non. Pour mettre en œuvre une telle réforme, il faudra prendre gare à ne pas dévaloriser les filières professionnelles, comme les arts mécaniques et agricoles à titre d'exemples.

 

Encore :


           Dans ma pensée, je m'interroge encore sur le rôle crucial que pourraient jouer les corporations de métiers en sortir des différents niveaux d'instructions, afin de permettre une insertion en milieu professionnel plus édifiante et initiatrice.

 

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