Cercle Richelieu, réflexions et considérations

Auteur : Vincent Malkav#0000 , Le : 08/06/2020 20:59:11 , 1414 vue(s)

Par Vincent Malkav, en son nom propre.

Préambule :

            Pour ce texte je vais employer le Je, il me sera utile pour structurer mon propos et pour me faire comprendre par tous, c’est du moins mon souhait. Je souhaite éclairer les membres du Cercle, actuels ou à venir, sur ma vision de celui-ci. Considérez donc ce texte comme l’un de mes énièmes soliloques que je vous partage, plus qu’une lettre ouverte que je vous adresse.

Première partie :

            Il y a, chers membres, confusion. Le Cercle Richelieu s’est toujours présenté comme un groupe de réflexion axé sur le thème de la Royauté. Pareillement le Cercle a affirmé et confirmé maintes fois ses positions ; Sa reconnaissance du catholicisme comme fondement de son éthique et de son étiquette, sa volonté d’être non-militant, sa fermeté concernant la verticalité au sein de sa structure, son attente concernant les usages de la politesse. La charte est consultable par tous.

            Le Cercle s’inscrit bien dans un mouvement politique, en la matière du royalisme, mais n’est pas un mouvement politique en soi. Le Cercle est atrônal - adjectif de mon cru – comprendre qu’il ne soutient aucun prétendant, ni de face, ni de dos, ce qui permet à ses membres, venant d’horizons différents, de mettre la question en suspens lors des discussions. Le terme atrônal permet la différenciation avec le providentialisme, un courant très précis et défini de notre milieu. Aucun individu ne peut se définir atrônal, ce mot ne corresponds qu’à des structures, groupes ou ensembles ; C’est-à-dire à ce qui est impersonnel.

            Ce que je disais il n’y avait pas si longtemps avec dérision se voit nécessaire de précisions : « Le Cercle est un cercle. » Mais qu’est-ce qu’un cercle ?

Histoire des Cercles, une tradition française :

            Les cercles de réflexions sont chose commune dans l’histoire de la politique, notamment dans notre paysage politique. Cercle de réflexion se dit de tout groupe se polarisant autour de l’étude d’un thème ; Souvent lié à la politique, un cercle peut aussi – plus rarement - être apolitique et se consacrer à l’étude d’un sujet ou d’un personnage public.

            La France a une longue tradition de cercles de réflexions, dont beaucoup ont disparu soit par achèvement d’objectifs, soit par désintérêt suite à des changements politiques que les thèmes choisis ne faisaient plus résonner. Il me semble bienvenu, à la vue de notre thème de cercle, de rappeler l’existence d’un Cercle Proudhon, initié par Charles Maurras. De nos jours encore les cercles sont nombreux et divers, pour n'en citer que deux que j’ose considérer comme parties du Camp National ; Le Cercle Aristote et le moins connu Cercle Cobalt. Le premier revendiquant une opinion politique, le second une étiquette scientifique ou du moins une démarche s’en rapprochant.

            Naturellement, est-il besoin de le dire, dans ceux-là il y a le Cercle Richelieu.

Les cercles, impacts et influences :

            Les cercles ont toujours décidé de leur organisation, de leur structure indépendamment les uns des autres. Il n’y a pas de réglementation externe aux cercles, que le Seigneur en soit loué tous les jours qu’Il fait. Se faisant, les cercles décidaient donc de l’approche de leur thématique ; Si les cercles dont les noms nous sont parvenus publiaient des textes et ouvrages, beaucoup d’autres avaient une tradition uniquement orale. Je parlais plus tôt d’objectifs atteints ou non par ces groupes, leurs travaux leur survivent. Ces travaux sont intéressants, et plus précisément leurs dates de parution, leurs fréquences de publication, leurs nombres d’exemplaires imprimés pour le nombre vendus. Certains écrits étaient des bimensuels, comme Les carnets du Cercle Proudhon, d’autres des textes annuels comme le très-moqué (à raison, dis-je) Cercle des économistes.

            Pourquoi est-ce intéressant ? Car pour comprendre cet écart temporel entre les publications de chaque cercle, ainsi que l’écart numérique d’écrits publiés entre cercles, il y a deux facteurs essentiels à cerner : Les capacités et les moyens ; Le temps et l’argent.

Deuxième partie :

            Je reviens. Le Cercle subit certains tumultes, non pas à cause d’une identité confuse ou d’une lutte pour une cause obscure, mais seulement par l’impatience et les petits désirs de quelques-uns. Une mise au point ayant été faite par la régence du Cercle en date du 19 Mai, loin de moi l’idée d’être arbitre, premièrement parce que je n’en ai pas l’envie, deuxièmement car ce n’est pas mon rôle. Veuillez noter, cela va être utile.

            Le Cercle a mis, dès son commencement, un point d’honneur à la cordialité. Dans les mots bien sûr, mais aussi dans les attitudes attendues ; respect de soi, respect de l’autre, respect de la parole, respect de la race, respect de la Foi : Ce que j’aime à appeler le Respect en toute matière. Je persiste et je signe.

            Il ne s’agit pas d’une impossibilité, d’une interdiction à aborder certaines thématiques ou à apporter une contradiction, mais d’une règle élémentaire de courtoisie. Les membres du Cercle insistent souvent sur ceci : « Ici on ne débat pas, le débat c’est la vision républicaine du dialogue, une cage dans laquelle les hommes et les bêtes se confondent en mordant : Nous refusons la violence-spectacle. » Je ne peux que souscrire à cette vision, d’autant que c’est un sujet que j’ai d’ores et déjà traité, quoique le texte soit à revoir.

            Se présenter sur le Cercle, qu’on soit Sujet du Roi ou Aspirant, implique une autre chose, tout aussi essentielle : Le respect de la hiérarchie. Au sein du Cercle il existe une hiérarchie et j’espère que cela ne vous a pas échappé : En étant membres constituants du Cercle, dès nos premiers pas, nous avons tous accepté implicitement cette hiérarchie. « L’autorité en haut, les libertés en bas. » disait un certain Charles, qu’on ne présente plus. Il nous est donc, très logiquement, nécessaire de deux choses : La reconnaissance de cette hiérarchie comme ordonnatrice ainsi que le respect de celle-ci.

            Je vous fais remarquer que, toute hiérarchie qui soit, le ton reste égal et les sujets libres. Prends ça dans les dents petit Déjacque !

Troisième partie :

            Si l'on en vient à se demander « Comment améliorer le Cercle ? », c'est déjà qu'il y a erreur. Le Cercle est conscientisé, comme je l'ai dit, par ces membres investis de fonctions ordonnatrices : La volonté de « S'améliorer » est dans les objectifs premiers du Cercle ; Ne confondez pas vos désirs avec vos aspirations.

Objectifs et projets :

            Le Cercle Richelieu a une identité, comme nous l'avons vu, mais il a aussi des objectifs. Un mot très connu du Cercle est « Le Royaume avant le Roi. », conforme à sa position atrônale de la question royale ; Que l'on peut lire également ainsi : « Le Royaume, après le Roi ! ». Il y a dans cette exclamation toute la volonté du Cercle.

            Pour qu'il y ait restauration, il faut opérer une transition anthropologique et renouer avec la Tradition. Il nous faut nous inscrire dans le réel, à la France il faut des Français. « Reprendre le royaume » signifie nous enraciner, devenir dignes d'accueillir le Roi par l'attachement au sol et au sang français. Le Cercle agit depuis sa création à la mise en place de cet enracinement, notamment à travers ses cercles de gentilshommes ; Créer, discuter, échanger, avoir des activités, créer du lien entre royalistes.

            Il œuvre aussi à son amélioration à travers sa structure : L'université d'été du Cercle Richelieu, dont la première session est prévue pour cette année, en est une consécration. On notera également que certains membres se sont déjà croisés, indépendamment des cercles de gentilshommes, afin d'accomplir des pèlerinages en groupes. Il me semble que, en partir d'un espace virtuel, l'avancée du Cercle dans ses objectifs est constatable.

            Je rappelle à qui me lit que le Cercle a créée une fiction juridique – terme qui renvoie à un véritable concept en matière de droit – dans laquelle la France, sous occupation républicaine, voit apparaître une régence. Deux entités politiques pour un territoire, le projet du Cercle ayant toujours été de faire contre-société afin de préparer le retour du Roi.

            Si je précise toutes ces choses, c'est pour prévenir, nous ne connaissons du Cercle que ce qu'on nous dit et non ce que l'on ne nous dit pas. Si, en quelques années, nous voilà à l'organisation d'une université d'été, qu'en est-il des projets dont nous ne savons rien ?

Enrichissement et élévation du Cercle :

            Je parlais plus tôt de cette notion très personnelle que l'on peut avoir de l'amélioration, je ne la chasse pas pour autant. Mais avant de pouvoir se prononcer, il me semble un minimum que de produire quelque chose pour le Cercle.

            Je regarde avec beaucoup d'intérêt les arbres que le camp national fait pousser çà et là, aussi je regarde avec tout autant de mépris les quelques incapables-de-tout qui viennent quémander des fruits qui n'y poussent pas encore ; Cette arrogance crasse et écœurante qui leur laisse penser que ces arbres n'attendaient qu'eux, et que sans eux ces magnifiques sylvestres ne seraient que de chétifs buissons. Quelle indignité.

            Il est toujours plus confortable d'attendre que le fruit pousse et tombe, je le comprends, mais manifester de l'impatience égocentrique en se prétextant meilleur est d'une impolitesse telle que je conclue cette phrase. Le Cercle ne retient personne, allez donc planter ce si bel arbre qui n'existe – pour le moment – que dans votre tête.

            L'amélioration du Cercle, pour y revenir, passe par beaucoup d'éléments : Vidéos, conférences, discussions, et bien sûr articles. Si l'on me pose la question, oui j'ai la prétention d'aider le Cercle - comprendre ici ses membres - à travers mes interventions et mes quelques rédactions. Mais je suis loin d'être le seul à féliciter  ! Mais, de peur d'en oublier, je me contente de leur adresser à tous et toutes une pensée agréable.

            Le Cercle a toujours encouragé ses membres dans la création de projets, qu'ils soient individuels ou en groupe, en apportant conseils et compétences. Aussi, si un projet vous éprend, je ne peux que vous encourager à bien en cerner les contours afin d'avoir un support entre membres qui soit efficace. C'est grâce à cette très simple première étape, ainsi qu'à ce soutien auquel je fais allusion, que plus a été fait qu'on ne le voit.

Encore :

            Que pourrais-je donc vous partager de mon vécu sur le Cercle Richelieu ? Il est certain que j'ai gagné en qualité de réflexion, par l'échange bien sûr, mais surtout par le partage de connaissances comme des conférences, des livres que je me suis empressé de dévorer. Je peux saluer un camarade rédacteur qui m'a démontré, par A plus B, qu'un de mes textes souffrait de failles argumentatives terribles ; l'exercice a dû lui prendre un certain temps, mais les retombées me furent très bénéfiques.

            Le Cercle Richelieu n'est pas un cercle d'amis, des relations amicales peuvent s'y nouer bien sûr, mais c'est avant tout un endroit, tout numérique qu'il soit, où l'échange est possible dans la droite ligne de ce qui a été dit plus haut. Il correspond à l'image que je m'en étais fait quelque temps avant mes premiers pas ici.

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