Soyez aristocrate, la recherche de l'excellence

Auteur : Vincent Malkav#0000 , Le : 10/11/2020 12:23:06 , 253 vue(s)

 Soyez aristocrate :

                Refuser le laid est une grande qualité, car c'est ce refus qui fait de l'esprit organisationnel de l'homme un outil de liberté. Refusez les laideurs d'esprit, n'attendez que le meilleur de la pensée, rehaussez votre niveau d'exigence en dépit du qu'en dira-t-on. Ne prenez des autres que ce qui est puissamment pensé, arrachez-leur s'ils se refusent à vous ou dépassez-les si leur laideur vous est insupportable. Soyez aristocrate.

                Notre monde occidental croule sous le poids des petites existences, du plaisant, du réconfortant, du convenable, de l'acceptable et surtout de la morale. Nous n'avons sans doute encore jamais vu les existences humaines être régies de la sorte par les petites morales, par le chantage à l'émotion, par la culpabilisation à l'histoire ; par le petit et par le laid.

                Notre Occident, notre France, notre Patrie nous serait prise par des mains emplies de justice, de bienséance, de bienfaisance, comme pour nous punir d'avoir été trop longtemps libres. La puissance que nous conte pourtant l'histoire de France a à jamais façonné celle des européens. Mais aujourd'hui cela nous serait interdit, assez de grandiose, assez de beauté, assez de grands textes, assez d'histoire ! L’Europe toute entière serait sous une chape de plomb protectrice, nous tenant éloignés des douleurs et des maux de notre civilisation, de notre nation, de notre Patrie.

 

                Allons bon ! Quelle plaisanterie ! Nos tortionnaires moralisateurs ont décidément un sens de l'humour on ne peut plus discutable.

 

        Système tripartite, les trois familles :

 

                Tout comme le terme « Monarchie absolue » fut une création littéraire issue de la pensée révolutionnaire, une subversion du mot afin d'en chasser l'idée, il en fut de même pour le système tripartite.

                La Noblesse, toute importante qu'elle fut, ne pouvait assurer et assumer tous les rôles dont le système féodal avait pourtant besoin. Le Clergé et le Tiers-État étaient deux acteurs tout aussi essentiels, c'est la combinaison des trois qui formait le système tripartite.

                Il y aurait beaucoup à corriger sur la vision simpliste et purement déclarative qui nous en est faite, aussi proposons une citation : « La cité de Dieu que l'on croit une est divisée en trois : Certains prient, d'autres combattent et d'autres enfin travaillent. Les services rendus par l'un permettent les travaux des deux autres » ; Citation d'Adalbéron de Laon, celui qui formula la séparation des trois pouvoirs - donc le système tripartite - auprès de Robert Ier, roi des Francs.

 

        La société féodale fut scindée en trois familles politiques :

 

Oratores :
                Signifiant Ceux qui prient, désignant autrefois le Clergé, alors que celui-ci commençait la mise en place de la vie monastique. Travaux d'écriture, de préservation de l'histoire, réflexions et discussions étaient leur rôle. Dorénavant il fait référence aux personnes pratiquant les arts littéraires ; lecture, écriture et prise de parole. C'est évidemment de cette famille que vient le mot Orateur.

 

Bellatores :
                Désignant autrefois la Noblesse dite d'épée, signifiant Ceux qui combattent par un dérivé de bellatum, chargée de la protection externe et de la sécurité interne. De nos jours le terme renvoie toujours aux personnes chargées de la défense ou de la sécurité ; Soldats, formateurs, professeurs d'arts martiaux.

 

Laboratores :
                Désignant le Tiers-État, signifiant Ceux qui travaillent, ce terme renvoyait aux artisans, paysans et commerçants. A notre époque il désigne toujours ces corps de métiers, essentiels à la santé économique de notre pays.

 

                J'aimerais vous faire remarquer que le terme Tiers-État a, chez certains, une connotation négative or c'est très curieux puisque son nom indique le contraire. En effet le Tiers-État était la caste la plus nombreuse en individus, pourtant elle était vue comme le tiers d'un ensemble ; Elle était donc vue comme tout à fait égale aux deux autres, voilà de quoi surprendre les esprits peu avertis.

 

        Être son propre aristocrate :

 

                L'aristocratie telle que nous pouvons l'observer n'est qu'une pâle image de ce qu'elle fut, autant que ce qu'elle fut n'est qu'une image distante. Loin de moi l'idée de chercher à singer la représentation d'un on-dit. Cependant l'aristocratie dans son sens premier a des qualités essentielles, très souvent absentes voir sciemment balayées de la table. Je n'entends pas renouer avec cette vieille aristocratie, j'entends en reforger une nouvelle.

 

                Épargnez-moi vos titres, vos dîners et autres décorations oniriques. L'aristocrate nouveau est son propre bâtisseur. Notre parcours personnel, quel qu'il soit, nous emmène in fine dans l'une des trois castes précédemment citées, ne serait-ce que sur le plan professionnel. Je vous propose d'en parcourir le chemin les yeux ouverts et non le cœur en avant.

                Au risque de sonner pédagogue je pense que chacun a un domaine de compétence, qu'il soit lié à sa profession ou non, dans lequel il est à même de s'illustrer. Être bon dans son domaine, être compétent ne signifie pas que l'on soit exempt de défauts ou de critiques. L'Homme n'a pas seulement besoin de l'échec pour avancer, mais aussi de l'échange avec un confrère. Il est agréable de marcher sur un sentier déjà défraîchi, il est plus instructif de savoir ce dont on l'a défraîchi. Question rhétorique : Ne sommes-nous pas déjà cet aspirant-au-meilleur qui s'interroge ?

 

                Nous avons naturellement le réflexe de nous tourner vers la personne qui est la plus à même de répondre à notre question. Ce réflexe n'a rien d'un conditionnement social, il est avant tout le fruit d'un traitement des informations dont nous disposons. Face à des concepts physico-chimiques complexes, notre premier réflexe n'est pas d'en interroger notre boulanger. La nature sociale de l'Homme le pousse à trier les profils qu'il côtoie, son choix est inégal mais n'a rien d'arbitraire, c'est pourquoi il choisit son interlocuteur avec justesse.

                Il ne s'agit pas, ici, de réfléchir à comment bien penser mais bien de comment construire sa pensée ; Comprendre, détailler, expliquer. La rigueur n'est pas qu'écrite et intellectuelle, elle peut être aussi retenue et discipline. L'essentiel n'est pas tant l'Atores qui vous correspond mais bien davantage votre positionnement vis-à-vis de celui-ci ; Vous devez savoir ce que vous ne savez pas et connaître ce que vous savez. La différence est simple : Il vous est impossible d'expliquer ce que vous savez si vous n'en connaissez pas les contours.

 

        Gardez en tête, dans vos démarches, l'alerte du prieur, la discipline du bretteur et la minutie du travailleur ; Soyez aristocrate.

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